Je crois bien que c'est la première fois que je parle de Richard Wagner sur ce blog. Cela peut sembler étrange étant donné l'influence considérable de son oeuvre sur les compositeurs qui lui ont succédé (Schönberg notamment). Je profite donc de la diffusion ce soir sur France Musique de Lohengrin (enregistré à l'opéra Bastille le 5 juin) pour réparer cet oubli. Cet opéra (avec également Tannhäuser) marque un tournant dans l'oeuvre de Wagner avec l'apparition du leitmotiv, motif associé à un personnage ou à une idée et revenant à plusieurs reprises dans la partition.
Lohengrin s'inspire de la légende du chevalier au cygne, qui appartient au genre de la poésie épique allemande, que le compositeur étudia à Dresde. L'histoire se passe au Xe siècle et raconte la lutte opposant le régent du duché de Brabant, Telramund, et Lohengrin, le champion surnaturel et mystérieux (il s'agit en réalité du fils du chevalier de la Table Ronde Perceval) d'Elsa, héritière contestée du trône parce qu'elle est accusée par la machiavélique femme de Telramund, Ortrud, d'avoir noyé son frère. La victoire de Lohengrin et son mariage avec Elsa (à cette occasion retentit le célèbre choeur nuptial) ne sonnent pas la fin de l'histoire, car Elsa, manipulée par Ortrud, rompt le serment qu'elle lui avait fait de ne poser aucune question sur sa véritable identité.
J'incline à penser que l'échec de l'histoire d'amour entre Lohengrin et Elsa symbolise la séparation inéluctable des mondes divin et terrestre : Elsa ne peut supporter la révélation d'une présence divine, et Lohengrin ne peut renoncer à son essence surnaturelle pour accéder au monde des humains. L'interpénétration de ces deux mondes est impossible, ou, en allant plus loin, l'exsitence de Dieu est inconnaissable.
30 juin 2007
Opéra agnostique
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