18 juillet 2007

Votre feuilleton de l'été : Rhapsodie en sourdine

Episode VIII

L'enfant était adossé au mur. A quelques mètres devant lui se tenait un soldat, pointant son fusil dans sa direction. Pensant une dernière fois à sa mère défunte, il ferma les yeux puis entendit la détonation. Etait-il maintenant au Paradis ? Il ne ressentait aucune douleur. Soudain on l'empoigna par le bras. En ouvrant les yeux, il découvrit le fantassin qui l'avait tenu en joue.
<< Pas question de faire ce sale boulot ! Viens, petit, ne traînons pas là. Le train qui me ramène chez moi part de la gare Montparnasse dans moins d'une heure. >>



Gabriel s'était assoupi en voyant défiler le paysage derrière la vitre. Après dix heures de voyage, le train arrivait enfin à Paris. Gustave lisait un journal, Gontrand décrivait avec enthousiasme les charmes de la capitale à Eugène, qui feignait d'écouter sans quitter du regard la séduisante médium. Tous avaient décidé de l'accompagner à Paris afin de résoudre l'énigme du piano ; leur seule piste était cette histoire de meurtre à Montmartre, dont les faits, mêlant instrument de musique et folie, rappelaient étrangement les événements dont ils avaient été témoins au château.


Gontrand avait réservé trois chambres dans un hôtel de Montmartre, afin d'être rapidement sur les lieux du crime, ce qui faciliterait leur enquête.
<< Mais avant une bonne nuit de sommeil, allons nous changer les idées au music-hall ! Mayol, le beau Mayol, est de retour à Paris après une tournée triomphante en Tunisie et se produit ce soir à La Scala*. >>
Personne ne se fit prier tant l'envie d'entendre le célèbre Mayol était grande. La salle était pleine à craquer. Les gens criaient << Mayol ! Mayol ! >> Même Eugène reprenait le refrain bien connu, en adressant secrètement ses paroles à la jeune femme assise près de lui. Celle-ci lui souriait, semblant lire ses pensées.




* A ne pas confondre avec la célèbre salle d'opéra milanaise, la Scala était une salle de music-hall située boulevard de Strasbourg à Paris.

Nos héros goûtent peut-être leurs derniers moments de détente. Leur enquête dans les rues de la capitale est désormais sur le point de commencer. Qu'y découvriront-ils ? Vous le saurez en lisant le prochain épisode de RHAPSODIE EN SOURDINE !

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2 commentaires:

Isa a dit…

La suite, la suite!!

C'est Mayol qui chante (en roulant les "r", ça me fait toujours rire)??

"La revue à poivre", quel drôle de nom.

Rodolphe a dit…

Oui c'est bien Mayol.

J'en profite pour donner l'adresse d'un site très bien documenté sur sa vie et son oeuvre :

http://www.chanson.udenap.org/fiches_bio/mayol/mayol.htm

Autre chose : en entendant le début de l'illustre "Viens poupoule", j'ai reconnu avec surprise un passage d'une chanson de Brel, Les Bigotes :

"Le samedi soir après le turbin On voit l'ouvrier parisien Mais pas de bigotes ..."

Etonnant, non ?