
Dans un article récent de la revue Nature Reviews Neuroscience, des chercheurs canadiens commentent les dernières avancées en neurosciences cognitives quant au fonctionnement des systèmes auditif et moteur et aux mécanismes de leur interaction dans le cadre de l'écoute ou de l'interprétation de musique. Comparée au discours humain ou aux vocalisations animales, une spécificité de la musique réside en sa structure rythmique, qui confère à l'auditeur et à l'interprète une capacité de prédiction.
Le lien entre systèmes auditif et moteur peut se comprendre intuitivement en constatant que taper du pied est tout à fait naturel lorsque l'on écoute de la musique, mais ne l'est pas lorsque l'on regarde une balle qui rebondit, par exemple. On distingue deux types d'interactions : feedforward (le système auditif influence la sortie moteur de manière prédictive), et feedback (ajustements moteurs au cours d'une perception auditive). Des études par imagerie cérébrale ont montré qu'il existait un recouvrement important entre des régions du cerveau activées lorsque des musiciens écoutent un air qu'ils connaissent sans le jouer et lorsqu'ils l'interprètent sans retour auditif. Toutefois, si cet air est interprété sur un autre instrument que le leur, les excitations moteur sont diminuées lors de l'écoute . De plus, le simple fait d'observer un pianiste jouer provoque chez les pianistes l'activation des régions auditives !
Les musiciens possèdent d'autre part des différences anatomiques liées à leur formation musicale. Ces changements se localisent à la fois dans des régions auditives (plus grand volume cortex auditif) et moteurs (plus grande concentration de matière grise dans les cortex moteur). Par exemple, les violonistes ont une représentation corticale des doigts de la main gauche plus large. D'autre part, plus la formation musicale a été précoce, plus cette représentation est large. Toutefois, l'éventualité d'une préexistence de telles différences anatomiques conditionnant leur qualité d'instrumentiste reste inexplorée.
En conclusion, il faut souligner que bien que certains mécanismes aient été mis à jour, leur origine demeure pour la pluspart inconnue.
25 octobre 2007
Imagerie musicale
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