
Continuons notre tour des instruments à vents à anches en nous attardant sur le cor anglais. Celui-ci peut aussi être vu comme un hautbois, mais à la différence du hautbois standard, sa perce est conique et sa voix est dans l'alto. Il ne doit pas être confondu avec le cor (d'harmonie), qui appartient à la famille des cuivres (voir dans un prochain post). Comme à l'accoutumée, je cite Berlioz :
Son timbre moins perçant, plus voilé et plus grave que celui du hautbois, ne se prête pas comme lui à la gaité des refrains rustiques. Il ne pourrait non plus faire entendre des plaintes déchirantes; les accents de la douleur vive lui sont à peu près interdits. C’est une voix mélancolique, rêveuse, assez noble, dont la sonorité a quelque chose d’effacé, de lointain, qui la rend supérieure à toute autre, quand il s’agit d’émouvoir en faisant renaître les images et les sentiments du passé, quand le compositeur veut faire vibrer la corde secrète des tendres souvenirs [Berlioz, Traité d'instrumentation, 1855].Je trouve que l'extrait suivant illustre à merveille cette noblesse dont parle Berlioz grâce à une indolente mélodie. Il s'agit du Largo de la neuvième symphonie de Dvorak, la Symphonie du Nouveau Monde.
Dans la même série : le chef d'orchestre, le violon, l'alto, la contrebasse et le violoncelle, la harpe, et le hautbois.




