26 février 2007

Colère divine


Cet après-midi, assoupi, exténué, mollement affaissé dans le fauteuil du car qui me ramenait chez moi, j'écoutais d'une oreille distraite la monumentale neuvième symphonie de Bruckner, qui l'a dédia "au bon Dieu, à condition que celui-ci l'accepte".

Si Dieu se reconnait dans le scherzo du second mouvement, c'est la preuve même de son implacabilité, à moins que ce ne soit l'écho du cri des hommes, abandonnés dans un univers sans Dieu.


19 février 2007

Symphonies at Six


Vous habitez une métropole ? Vous êtes trop pressé et trop fauché pour vous offrir une place dans une grande salle de concert ? Si cette métropole est Edimbourg, vous êtes sauvé ! Car le Usher Hall invente les Symphonies at Six, "une nouvelle façon d'écouter de la grande musique après le travail, après le shopping ou avant de sortir diner". Blague à part, je trouve que c'est une nouvelle preuve du pragmatisme des anglo-saxons, qui préfèrent désacraliser la culture (ce même genre d'opération publicitaire est repris par les musées) plutôt que de voir la fréquentation chuter.
Ce vendredi 16 février, on pouvait donc assister pour £12.50 et en une heure et demi montre en main à une interprétation de la Symphonie no 1 et du Concerto pour piano no 3 de Beethoven sous la direction du jeune chef Garry Walker. Le soliste, l'expérimenté John Lill, nous interpréta pour finir la fameuse sonate au clair de lune.

11 février 2007

Victoire(s) ! la sélection - 3


Profitons de la découverte du troisième interprète sélectionné pour les Révélations soliste instrumental des Victoires de la musique classique, Antoine Tamestit, altiste, pour nous pencher sur un instrument méconnu, l'arpeggione. Antoine nous interprète en effet la très belle sonate Arpeggione de Schubert.



Cette sonate fut écrite par Schubert pour Vincenz Schuster, virtuose de l'arpegionne, un instrument contemporain du compositeur. Dérivé de la guitare, il possédait six cordes et son accordage était celui d'une guitare classique, mais ses cordes étaient frottées par un archet en maintenant l'instrument entre les genoux, comme pour une viole de gambe (je sais que parmi mes fidèles lecteurs se trouve une fervente admiratrice de Marin Marais). Après une dizaine d'années, l'arpegionne a disparu (trop délicat à fabriquer et pas assez audible face au piano), si bien que la partition de cette sonate est jouée de nos jours par un violoncelle ou un alto.

07 février 2007

Victoire(s) ! la sélection - 2



Toujours dans la catégorie Révélations soliste intrumental, voici Jean-Frédéric Neuburger, pianiste. Il enregistra à 16 ans l'intégrale des études de Chopin ! Il a remporté de nombreux concours. Il apprit la composition avec Jean-François Zygel, dont j'ai parlé à maintes reprises sur ce blog.

Ecoutez le interpréter le thème du finale de la sonate no 3 en si mineur, op. 58 de Chopin



Le rythme particulier de ce mouvement vient de la mesure en 6/8 (c'est-à-dire constituée de six croches) : la main gauche joue deux groupes de trois croches par mesure pendant que la main droite se charge de la mélodie. A la fin de l'exposition (15e seconde de l'extrait), la main droite joue quatre noires pointées (chacune dure donc trois croches), ce qui vous aidera à compter les croches.

05 février 2007

Victoire(s) ! la sélection - 1


J'entame donc la présentation des jeunes artistes sélectionnés pour les Victoires de la musique classique (voir mon précédent post).

Dans la catégorie Révélations soliste intrumental figure trois noms dont celui de Sarah Nemtanu, violoniste de son état. Elle décroche en 1997 deux premiers prix avec mention très bien en violon et en musique de chambre. Depuis 2002, elle est l'un des premiers violons de l'Orchestre national de France.
Pour mesurer l'étendue de son talent, je vous propose un extrait des Airs bohémiens de Pablo de Sarasate , compositeur et violoniste virtuose espagnol de la fin du XIXe siècle