19 août 2007

Edinburgh International Festival - 2

Le lendemain, au Usher Hall, j'ai pu assister à un concert du Chamber Orchestra of Europe dirigé par Thomas Adès, avec Toby Spence en ténor invité. Le programme était exclusivement constitué de compositeurs français :

Rameau Les Indes galantes: Overture
Thomas Adès Three Studies after Couperin
Berlioz Les nuits d’été
Ravel Le tombeau de Couperin
Bizet Symphony in C
J'ai été particulièrement touché par la composition de Berlioz intitulée Sur les lagunes. Comme chacune de ces Nuits d'été, le livret est tiré d'un poème de Théophile Gautier. Toby Spence chantait notamment les deux vers qui suivent avec une intensité dramatique saisissante :
Que mon sort est amer!
Ah ! sans amour s’en aller sur la mer!
Ces chants désespérés m'ont rappelé le Voyage d'Hiver de Schubert. La soirée s'est achevée loin de ces tourments romantiques, sur une symphonie légère et divertissante de Bizet.

Sur ce, je vous laisse et vous donne rendez-vous dans un mois à mon retour du Vietnam ...

18 août 2007

Edinburgh International Festival - 1

J'interromps votre feuilleton de l'été (au point mort depuis un mois) pour dire quelques mots du festival international qui se tient du 10 août au 2 septembre à Edimbourg, en Ecosse. Depuis soixante ans, ce festival de musique classique se déroule parallèlement à d'autres événements tels que The Fringe ou the Military Tatoo. Cette année, Jordi Savall tient une place particulière dans ce festival international. Il dirige en effet l'Orfeo de Monteverdi, opéra qui donna naissance au genre. Spécialiste incontesté de la viole de gambe, il donnait aussi un récital au Queen's Hall le lundi 13 août en fin de matinée.

L'ensemble était organisé en six parties (Preludium, Les Pleurs, Les Voix Humaines, Musicall Humors, Lessons for the Lyra Viol, the Bagpipes Tuning) classées dans un ordre antéchronologique (du XVIIIe siècle en passant par l'époque de Louis XIV jusqu'à celle de Shakespeare). Les compositeurs français (du XVIIe siècle) étaient à l'honneur avec Sainte-Colombe (à l'origine de cette grande tradition française), De Machy et bien sûr Marin Marais (élève de Sainte-Colombe). Ce dernier est l'auteur de cinq livres écrits pour la basse de viole, instrument comportant une septième corde, accordée une tierce mineure sous la corde la plus grave du violoncelle (dont la viole de gambe est l'ancêtre). L'interprète dispose d'un archet mais peut aussi utiliser les doigts de sa main droite à la manière d'un luth.

La deuxième partie du récital était constituée de pièces écrites par des compositeurs anglais (Tobias Hume, Thomas Ford, John Playford). Contrairement aux airs nostalgiques et gracieux écrits par les français, les pièces anglaises étaient plus guerrières. Ma préférence est allée sans l'ombre d'un doute vers les compositions françaises. J'ai notamment été séduit par une pièce de Marin Marais, Muzettes, dans laquelle j'ai étrangement cru déceler quelques sonorités tziganes.